Vitry, une ville populaire du Grand Paris : un pari réaliste ?

Constat et convergence Vitry est une ville belle et populaire, et il faut qu’elle le reste.

Définition d’une ville populaire : Une ville mélangée, en couleurs, intergénérationnelle, de condition sociale… Une ville participative, qui met les habitants dans les processus de décisions… 

  1. Vivre et habiter

Fabriquer du logement pour tous, ne pas faire du logement social le logement pour les pauvres.

Permettre aux habitants de vivre à Vitry dans le cadre de la construction métropolitaine :

Construire pour répondre aux besoins des habitants, maitriser le foncier pour maitriser les loyers.

Expérimenter, accompagner des pratiques, des dispositifs innovants pour diversifier l’offre de logement comme des dispositifs comme la location accession à la propriété immobilière ou encore le bail réel solidaire qui, en dissociant le foncier du bâti, permet aux ménages de devenir propriétaires à moindre coût.

L’habitat coopératif/participatif :  Alors que la crise du logement s’aggrave, des formes alternatives d’habitat resurgissent. On commence à entendre parler d’habitat participatif, d’habitat groupé ou écologique.

L’idée d’un verrou anti-spéculatif … la crainte de l’attractivité dû notamment aux transports (tram, métro…)

Vitry, un cœur de ville populaire, le cœur de Ville est marqué par un fort taux de logement social. Il faut garder cette spécificité. (NPNRU 2)

Une ville bien desservie par les transports… et de plus en plus attractive.

  • Développement économique et l’emploi

Favoriser l’arrivée de nouvelles entreprises : Quelles retombées économiques pour le quartier, pour la ville… quelles retombées en termes d’emploi… et d’emploi pour les jeunes, pour les jeunes de nos quartiers.

L’emploi local : Travailler avec les entreprises, les organismes de formation…

  • Les jeunes

Des lieux de rencontres pour les jeunes, il en existe… ils ne sont pas assez connus. Il faut les faire connaitre, en adaptant la communication en direction des jeunes de la Ville. Il en faudrait encore plus de lieux de loisirs et de rencontres.

La Ville doit s’engager pour les tiers-lieux. Le tiers-lieu correspond à des besoins     locaux d’animation sociale, de développement du travail collaboratif.

Le développement des tiers-lieux apparaît comme une opportunité pour redynamiser l’économie locale et recréer du lien social.

Les tiers-lieux éphémères : En attendant les grands projets urbains, permettre d’utiliser des espaces pour accueillir des événements festifs, sociaux ou culturels, du coworking.

L’offre culturelle en direction des jeunes : notamment pour les 18-25, un accès à la culture parfois trop chers pour les jeunes de la Ville (Kilowatt, théâtre…)

La réussite scolaire : Garantir à nos enfants de s’épanouir à l’école et dans les activités périscolaires.

Accompagnement scolaire par des enseignants ou des étudiants pour lutter par exemple contre l’illettrisme.

  • La vie associative

Une ville populaire est une ville qui a une vie associative riche.

Une ville, avec un tissu associatif riche. Un vrai atout.

Des ambitions culturelles fortes : des outils reconnus : le théâtre, le cinéma, le sub…

Sortir de la logique de subvention aux projets mais de subvention sur le rôle social de l’association dans le quartier, dans la ville (aide au fonctionnement).

Point de vigilance : A Vitry, ce sont installés beaucoup de salles de sport privées.

Poursuivre des politiques sportives ambitieuses, avec des associations sportives qui ont un rôle social important, un rôle de service public.

  • Une ville populaire, des habitants acteurs de la ville.

La participation citoyenne : un fondement de la démocratie. Dans un système démocratique, la participation citoyenne doit être ancrée au cœur de l’action politique.

Respecter la parole des habitants, créer les conditions de la participation citoyenne, du débat citoyen. Solliciter et faciliter activement la participation.

Permettre de s’exprimer sur les décisions qui touchent sa vie ;

Respecter le principe que la contribution du public peut influencer la décision.

Des élus combatifs, pour que leurs paroles soient entendues dans le mille-feuille institutionnel.

Faire confiance à la mobilisation des gens au côté des élus pour faire entendre les choix de la Ville et de ses habitants (exemple abandon du projet EuropaCity).

  • L’écologie et la préservation de l’environnement

Une ville équilibrée entre les grands projets urbains et la préservation de nos parcs, véritables poumons verts de la ville.

La contribution de la Ville dans son rapport à la préservation de la Planète.

La pollution des sols par les entreprises.

Une ville qui a besoin de respirer.

RELEVE DE DISCUSSION

Ce compte-rendu a été réalisé par des bénévoles. Il se veut fidèle à l’esprit des interventions. Sans doute est-il imparfait, peut-être même que les notes que nous avons prises étaient incomplètes. Si l’une ou l’autre d’entrevous a été oublié, ou si son idée a été mal comprise, n’hésitez pas à nous le faire savoir par retour de mail.

Jean

Populaire est synonyme de mélange harmonieux entre culture, génération, condition sociale… Et c’est cette diversité qu’il faut absolument préserver. Pour cela, il faut des mesures drastiques pour maitriser le prix du foncier. La commune doit garder la main sur l’urbanisation pour être un levier de résistance à la spéculation. Avec l’OIN [Opération d’Intérêt National, NDLR] des Ardoines, la ville complète aux côtés de l’Etat, du Département, de la Région et on pourrait demander au FEDER de compléter aussi.

Agnès

Vitry dans le futur aura le tram, 2 gares du Grand Paris, mais cela va attirer la spéculation et changer la mixité. Il faut maintenir un équilibre social et activités, avec la zone industrielle. 2 enjeux, travailler sur les 2 sujets avec la CCI afin de faire évoluer les activités économiques. Le rôle des élus est soit de maintenir un cap ou de modifier un cap. Dans le futur, il y aura 25 000 personnes aux Ardoines, il faudra en même temps que l’arrivée de cette nouvelle population des services publics, pour accompagner. La Seine devrait être mise en valeur. C’est un lieu de détente, un gros enjeu pour améliorer.

Christophe

Une ville populaire est une ville accueillante, une ville qui prend soin de ses enfants. Une dimension essentielle est le développement des transports en commun qui permet d’aller travailler sans passer des heures. L’autre est la possibilité d’habiter à Vitry. Dans le logement social comme pour l’accession à la propriété. Et une ville populaire est une ville qui donne le pouvoir aux habitants. Et de fait se pose une question. Jusqu’où serons-nous prêts à aller dans la démocratie participative ? Par exemple, des commissions de citoyens à côté du conseil municipal ?

Lou :

Pour mobiliser la jeunesse, il faut considérer ses préoccupations. Le premier emploi est difficile à trouver. Puis quand on l’a trouvé, partir à 5h pour aller travailler en transports en communs, c’est très compliqué. Il faut davantage d’offres d’emploi pour les jeunes. Le second axe est l’écologie. Il faut avoir un projet écologique ; respecter d’avantage la planète. A Vitry, on a la chance d’avoir des parcs, qui sont de véritables trésors. Mais la pression est forte pour bétonner davantage la ville. La transition écologique pose la question de l’engagement et de comment y avancer efficacement. Il y a un travail à faire sur les entreprises très polluantes, qui polluent le sol. Le troisième axe est l’égalité ; L’égalité entre les femmes et les hommes. Par exemple le droit de profiter de l’espace public, que l’on soit une fille ou un garçon. L’égalité d’accès à la culture. Il y a une offre culturelle sur Vitry importante avec l’Exploradome, le Conservatoire, le Kilowatt. D’ailleurs, certaines soirées au Kilowatt sont gratuites, d’autres sont payantes, mais chère. Pourquoi il n’y a pas un tarif pour les Vitriot.e.s ? Peut-être qu’il manque une offre pour les 18-25 ans ?

Myriam

Maintenir les Vitriot.e.s à Vitry, cela concerne tout le monde à tous les âges. Les Vitriot.e.s sont inquiets, ils ont peurs que les parisiens viennent. Demande de maintenir la qualité de vie, de favoriser l’accession sociale ou de construire beaucoup d’HLM. Il faut également penser diversité au palier.

Fabienne

Si l’on veut éviter l’effet ghettos, il faut que le logement social soit le logement pour tous, et non le logement où l’on concentre les pauvres. En Allemagne, une grande partie des habitants sont locataires dans le parc public. Cela demande de faire évoluer les critères d’accès au logement social, mais plus globalement de penser service public du logement.

Mireille

Il y a une restriction de l’accession au logement social, mais il y a une aide conséquente de la Caisse de Dépôt et de Consignation pour accéder à la propriété.

Josiane

Pour que tous les jeunes vitriots puissent habiter Vitry, il faut diversifier l’offre locative comme l’accession à la propriété. Il faut également explorer des formes d’achat comme le bail social qui vend l’appartement sans vendre le foncier. Et qui de fait, entraine une baisse sensible du cout du logement.

Myriam

Vitry est une ville dite prioritaire de transformation avec les programmes de l’ANRU [Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine, NDLR]. Mais cela peut être violent avec les modification. Les gens doivent être patients. Il faut du temps pour que Vitry soit transformée. Mais la ville peut exiger des promoteurs que les logements soient abordable. Pour les entreprises, à la ville d’imposer des quotas pour embaucher des vitirots.

Shamime

Vitry est une ville populaire. L’offre culturelle est très riche. Elle gagnerait à être plus diversifiée, moins élitiste. Et puis il faudrait que les enfants, les écoliers… puissent découvrir les équipements culturels.

Christelle

Les animateurs amènent les petits au théâtre. Le premier dimanche de chaque mois, le Mac Val est gratuit, ce qui permet aux parents de profiter du musée avec leurs enfants. Il y a aussi la Briqueterie, la Galerie municipale… La ville est très bien servie, on peut aller voir tout ce que l’on veut à Vitry. C’est plus compliqué ailleurs d’avoir ça. Il faudrait diffuser d’avantage cette offre. Il faudrait aussi faire de la communication sur le parc des Lilas. Tous les week-ends sur Vitry, il y a mille choses à faire : sortie culturelle, ludothèques, patinoire…

Il faut donner d’avantage d’information sur ça. Il faut intégrer ceux qui ne réussissent pas, garder le lien, via les fêtes, le comité de quartier.

Viviane

Bien sûr il y a le développement urbain. Mais pour moi ce qui fait la richesse d’une ville populaire c’est son fonctionnement fondé sur l’humain et la solidarité. Les services publics, les associations… notre richesse ce sont les habitants, il ne faut pas le perdre de vue.

René : Certain évoque la nécessité de maitriser l’urbanisation. Mais face à la métropole du grand paris, quelles sont nos marges de manœuvre ?

M. Le Maire

La définition de populaire, veut dire peuple, qui veut dire citoyen en démocratie, les pratiques qui visent toujours à associer les habitants aux concertations. Ce n’est pas facile, il y a une volonté dans cette municipalité. C’est une nécessité d’émancipation, de développement. C’est un enjeu démocratique fort, pour être populaire. Réaliste, les gens s’en mêlent. Les élus sont le moteur de cette expression. Les Vitriot.e.s doivent pouvoir s’y engager. Il faut avoir une vision démocratique, au-delà de la ville. Il ne faut pas de frontière entre Paris et Vitry. Il faut progresser davantage, pas tout seul. Il y aura 2 stations de métro. Les jeunes, les retraités et les employés ont besoin de cette mobilité. L’enjeu écologique est désormais vital pour la planète, pour les humains. Il faut prendre à bras le corps le désastre. Il faut changer de regard sur les ressources, sinon nous allons à notre perte. On ne peut plus raisonner comme avant. La préservation de la planète doit être au cœur de nos préoccupations. Il faut préserver la planète, l’espèce humaine. Il faut s’en occuper maintenant si on veut que le peuple s’occupe de son avenir.

Lou

Ce collège [là où a lieu les rencontres, NDLR], il n’est pas très accessible. Pleins de Vitriot.e.s ont des choses à dire. Il faut permettre la diversité. Peut-être aller dans différents quartiers pour chercher plus de gens pour participer au projet.

Valentin

Valeur doit être celle de l’humanisme, de la solidarité et du réalisme. Il faut des tiers lieux, des lieux éphémères, par exemple quand une usine ferme, dans l’attente de sa reconversion, on pourrait l’utiliser comme tiers lieux, comme développement de projets, d’échange, de co-working. La municipalité pourrait gérer toutes les boutiques des commerces pour faire installer des fleuristes, pour éviter que l’on retrouve toujours les mêmes commerces (banques, télécom, etc.), en soutenant les petits commerces.

Stéphane

Vitry s’est développé, si bien qu’il y a eu une augmentation de la population. D’un point de vue institutionnel, c’est une ville dans un département, c’est important, c’est un territoire. C’est un enjeu pour les transports, via des navettes. Certaines villes les ont, cela permettrait d’avoir une ville plus dynamique. C’est un enjeu au même titre que les enjeux sociaux, culturels. Il y a des grands spectacles à Vitry, toute la région parisienne vient ici. La Région, l’enjeu est ici IDFM (transports), économique. La Métropole du Grand Paris a peu d’apports. Les conseils de citoyen.ne.s sont à développer. Les citoyen.ne.s ont leur mot à dire. A chaque niveau, chacun a son mot à dire. Vitry a un tissu associatif foisonnant. Cela fait un peu la richesse de la ville et cela permet d’avoir un lien social.

Isabelle

Vitry est une ville avec d’immenses potentiels qui ouvrent l’appétit des promoteurs comme des financiers. On pourrait penser que garder la maitrise de son évolution, c’est un peu le pot de terre contre le pot de fer. La victoire aujourd’hui des citoyens face au monstre d’Europacity et le groupe Auchan nous montre que le pot de terre peut gagner. Organiser un débat populaire, construire ensemble un projet et faire preuve de détermination et d’esprit de suite sont les secrets de l’efficacité.

Laurent

Problème de visibilité de l’évènement. Le second point : emploi, logement, culturel et les sports. Depuis 34 ans sur Vitry, pleins d’immeubles, très diversifiés, pleins de possibilités, via les associations, les clubs sportifs. Les clubs sportifs ont une mission de service public ; ils ne sont pas chers, et cela permet d’intégrer des gens qui n’ont pas d’avenir. Cela permet de trouver une certaine forme d’émancipation, alors que dans les clubs sportifs privé, les gens sont des consommateurs. Les clubs sportifs permettent de construire les futurs citoyens, cela donne envie aux jeunes de rester sur le terrain. Dans le privé, c’est une machine qui ne considère pas les gens. Dans les asso, il y a un humain devant, cela a un rôle social. Il faut garder cet outil d’émancipation.

XXX

Les plus modestes ont souvent des droits qu’ils n’utilisent pas. Par exemple, les tickets CAF. Il faudrait que la mairie ait un dispositif pour faire connaître les droits.

L’accès à la connaissance, et particulièrement à la lecture est essentiel au bien-être et à la liberté.  La lutte contre l’illettrisme est essentielle dans une ville populaire. Il faudrait qu’il existe des structures de rattrapage pour les enfants en difficulté.

Michelle

La vie associative est une manne de bienveillance, de solidarité, de pédagogie… portées par des bénévoles. Mais depuis que l’aide aux associations repose non plus sur la raison d’être de celles-ci mais sur des appels à projet cela devient ingérable pour elle. D’abord, ce sont les très grosses associations qui ont les moyens de déposer ces appels. Et puis cela génère de la mise en compétition. Il faut absolument revenir à une aide au fonctionnement.

Marc

Les nouvelles ambitions pour le mouvement social sont justes. Mais elles ne doivent pas masquer combien celui-ci est fragilisé par les lois successives dont la loi Elan est le dernier avatar. Pour ne pas être des incantations, les nouvelles ambitions doivent être articulées dans un projet global de défense du logement social.

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